Le bassin de la Charente confronté à une sécheresse précoce et sévère

Publié le 9 juillet 2026
Plan de gestion de l'étiage

Après un début d’année marqué par des pluies exceptionnellement abondantes et des épisodes d’inondation majeure, le bassin de la Charente connaît désormais une situation totalement contrastée. Depuis plus de deux mois, l’absence de précipitations significatives, combinée à des températures records et à une troisième vague de chaleur depuis la mi-mai, a entraîné une baisse rapide et importante des débits des cours d’eau, qui se situent désormais entre les niveaux de référence quinquennaux secs et décennaux secs. La situation des nappes est plus contrastée. Selon leurs caractéristiques hydrogéologiques, certaines conservent encore des niveaux proches de la médiane, tandis que d’autres atteignent déjà des niveaux historiquement bas. Les niveaux piézométriques s’échelonnent ainsi entre la médiane (Saint-Agnant sur l’Arnoult) et les records secs (Lunesse sur la Nouère)

Dès le début du mois de juillet, plusieurs secteurs présentent déjà des situations comparables à celles observées habituellement en août lors des années de sécheresse sévères. Des assecs sont constatés sur de nombreux cours d’eau et plusieurs bassins ont atteint des niveaux nécessitant la mise en place de mesures de restriction allant jusqu’à l’interdiction des prélèvements. Cette situation, inquiétante et précoce, fait peser des risques importants sur les milieux aquatiques et la biodiversité.

La dégradation se poursuit de jour en jour et les prévisions météorologiques ne permettent pas d’entrevoir, à court terme, une amélioration. Les conséquences environnementales et économiques s’annoncent particulièrement importantes. Si les conditions actuelles se poursuivent, l’année 2026 pourrait devenir l’une des plus marquantes jamais observées sur le bassin de la Charente.

Face à ces conditions exceptionnelles, le soutien d’étiage assuré par les barrages de Lavaud et de Mas Chaban a été déclenché dès le 11 juin, soit environ trois semaines plus tôt qu’une année moyenne. Les volumes mobilisés en juin ont été près de deux fois supérieurs à ceux d’une année classique.

Ce déclenchement anticipé, dès le mois de juin, a permis d’accompagner la baisse rapide des débits naturels tout en maintenant les objectifs de gestion définis sur la Charente à la station de Vindelle, compris entre 3,8 et 4 m³/s. Toutefois, afin de préserver le stock des barrages pour la fin de l’été et l’automne, l’objectif de débit a été ajusté dès le début du mois de juillet entre 3,5 et 3,7 m³/s. Cette adaptation vise à conserver une marge de manœuvre suffisante face à une éventuelle poursuite des conditions hydroclimatiques défavorables dans les prochains mois.

Quelques chiffres clés au 8 juillet

  • 122 mm de pluie depuis le 1er avril (-35 % par rapport à la normale à Cognac)
  • près de 30 jours >30°C dont 15 >35°C et 5 >40°C
  • 8 bassins en crise, 1 bassin en alerte renforcée, 8 bassins en alerte
  • Stock des barrages : 17,3 Mm³ (-13 % par rapport à la médiane)
  • Soutien d’étiage : 2,4 m³/s
  • Charente à Vindelle : 3,29 m³/s
  • Charente à Beillant : 15,1 m³/s

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : https://charente.e-tiage.com/invite.php