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Etiage au 29 juillet

Le niveau de sécheresse dans les cours d'eau du bassin de la Charente atteint des seuils critiques. Quasiment tous les affluens et le fleuve Charente ont dépassé les débits de crise (DCR) en dessous desquels, par définition, la préservation des milieux et l'alimentation en eau potable ne peuvent être assurés convenablement. Météo France indique que "même si on avait des pluies records d'ici la fin du mois d'août, ces douze derniers mois resteront les plus secs de l'histoire". Un arrêt total des prélèvements d'irrigation dans le département a été pris en conséquence pour la Charente amont depuis le 20 juillet, et les arrêts totaux se généralisent sur les affluents amont. En Charente-maritime, malgré les faibles niveaux de la Charente et des affluents aval, des mesures dérogatoires subsistent pour l'irrigation en raison de "motifs économiques".

A l'échelle du bassin, beaucoup d'activités et d'usages sont liés à l'eau du fleuve et de ses affluents : les usages de base sont la préservation des milieux et de la vie aquatique, l'alimentation en eau potable (AEP). Les usages économiques sont nombreux : la fourniture en eau potable, le tourisme lié à l'eau (batellerie, pêche, activités nautiques, patrimoine fluvial...), la conchyliculture (production d'huîtres et de moules dans le bassin Marennes-Oléron dont l'apport d'eau douce de la Charente et de la Seudre est primordial en cours d'été), les cultures agricoles, l'industrie.

Tous ces usages ne peuvent être conciliés qu'en respectant certains niveaux d'eau (les débits obectifs d'étiages DOE fixés en plusieurs points du bassin). C'est le partage de l'eau pour que toutes ces activités économiques soient satisfaites, productives et pérennes. L'année de sécheresse 2005, après trois années déjà sèches, est la plus sévère connue historiquement et ces débits "de partage de l'eau" sont largement dépassés et atteignent les débits de crise.

Les observatoires de l'eau réunissent, par département au sein des préfectures, des représentants de ces principales activités économiques et les autres acteurs de l'eau afin, en fonction de la situation météorologique et hydrologique, d'organiser si possible équitablement ce partage de la ressource. En période de crise quand la ressource est limitée, des arbitrages sont pris et traduits dans les arrêtés préfectoraux que les différents secteurs professionnels, collectivités et citoyens se doivent de respecter. Le respect des règles fait l'objet par ailleurs de contrôles de police et de verbalisation en cas d'infraction.

Cette année encore, le déficit de ressource naturellement disponible sur le bassin, aggravé par les conditions de sécheresse, met en lumière une demande en eau disproportionnée conduisant à des situations de crise régulières et de plus en plus fortes.

La réflexion engagée dans le cadre du Plan de Gestion des Etiages (PGE) prend toute sa dimension et nombre des actions proposées dans le protocole devront être mises en oeuvre pour tendre progressivement vers une meilleure gestion de cette ressource économique, un meilleur partage de l'eau.
 
Institution interdepartementale pour l'amenagement du