La dégradation des milieux a favorisé une croissance dangereuse d’espèces animales et végétales envahissantes. Elles se substituent aux variétés locales en s’emparant de leur territoire naturel de vie entraînant leur régression voire leur extinction. Ces espèces envahissantes profitent du déséquilibre des milieux naturels, elles font souvent le vide autour d’elles et contribuent ainsi à un formatage et une paupérisation des milieux naturels aquatiques. La réhabilitation et la restauration de ces milieux sont le premier champ de lutte. Mais tout un chacun peut contribuer à cette lutte en évitant la dissémination de ces espèces envahissantes.
Mammifères
Le ragondin
Le ragondin est un mammifère rongeur. Issu d’Argentine, il occupe les zones humides telles que les marais, les fossés, les rivières ou les étangs. Son poids peut atteindre à l’âge adulte les 10 kg mais il atteint en moyenne 6 ou 7 kg. Il se reproduit à vive allure, la femelle fait entre 2 et 3 portées par an de 5 à 7 petits.
Le ragondin a été introduit en France à partir de la fin du XIXe siècle, pour l’exploitation de sa fourrure. Animal herbivore, il consomme une très grande variété de plantes comme le blé ou le maïs, cela lui permet de s’adapter rapidement à des milieux très différents. Il a une activité principalement nocturne mais il n’est pas rare de le croiser le jour. Actuellement en France et bien entendu sur le bassin versant de la Charente, le ragondin est considéré comme nuisible. En effet, en Amérique du sud, cet animal est régulé naturellement par ses prédateurs, comme le caïman ou le puma. Dans nos régions, le ragondin adulte n’a aucun prédateur naturel, seul les jeunes ragondins peuvent être la proie du renard, du héron cendré ou bien encore du chien.
Le ragondin fait de nombreux dégâts : la destruction de productions agricoles, le creusement de terriers (6 à 7 m) dans les berges ou les digues entraînant leur effondrement.
Crustacés
L’écrevisse de Louisiane
Comme son nom l’indique cette espèce provient de la partie sud du centre des Etats-Unis, la Louisiane. Elle a été introduite en France dans les années 70 en raison de la diminution des espèces indigènes.
L’écrevisse de Louisiane, de couleur rouge sombre, possède de grandes pinces et mesure environ 20 cm. Omnivore, l’écrevisse de Louisiane se nourrit de têtards de grenouilles, de petits poissons et de toutes sortes de larves. Elle prolifère vite et ainsi engendre de nombreux problèmes sur son écosystème. L’écrevisse de Louisiane est très nuisible car elle est porteuse d’un champignon qui décime les écrevisses indigènes, elle augmente la turbidité de l’eau et déstabilise les berges par ses terriers longs de près de 2 mètres. Sa prolifération est très inquiétante dans nos régions car on peut atteindre jusqu’à deux ou trois tonnes d’écrevisses de Louisiane par hectare. Ses prédateurs sont les milans noirs, les hérons cendrés et les cigognes et les humains gourmets ! Elle est délicieuse. Il est interdit de la transporter vivante. (schéma guide de l'environnement du fleuve).
Poissons
Le poisson-chat
Utilisé au XIXe siècle pour nettoyer les eaux polluées, il est aujourd’hui source de graves déséquilibres biologiques car il dévore les œufs des autres poissons entraînant la diminution des espèces. Poisson très résistant (il peut vivre 3 heures hors de l’eau), il est facile à pêcher car il mord à tous les hameçons.
Attention : il pique ! Pour l’éliminer, il faut le pêcher intensément et le manger. Il est interdit de le transporter vivant).
Amphibiens
La tortue de Floride ou tortue à tempes rouges
Introduite en France pour être un animal de compagnie, cette tortue s’est avérée agressive et encombrante. À l’âge adulte, elle mesure entre 20 et 30 cm et pèse entre 2 et 3 kg. Ce fut la cause de son abandon dans la nature. Omnivore, elle appauvrit les milieux car elle consomme voracement tout ce qui se mange. Elle ne laisse pas de place à la petite tortue locale, la cistude).
Végétaux
La jussie
La Jussie est un genre de plantes aquatiques de la famille des Onagracées et est originaire d'Amérique du Sud. Elle a été introduite en France pour ses qualités esthétiques. Il existe environ 75 sortes d’espèce de jussies et sont pour la plupart considérées comme envahissantes.
Les jussies sont, aujourd’hui encore, vendues pour l’ornementation d’aquariums et de plans d’eau. Cette plante amphibie présente une capacité d'adaptation, de colonisation et de prolifération importante. La Jussie n’a pas de prédateurs ou de parasites qui pourraient limiter sa croissance et ainsi la prolifération.
Sur le bassin versant de la Charente, la prolifération de la jussie entraîne des perturbations du milieu comme la perte de biodiversité ou bien l’altération de la qualité de l'eau et constitue aussi une nuisance pour les activités humaines telles que la pêche ou les activités fluviales.
Le myriophylle du Brésil
Le myriophylle du Brésil provient d’Amérique centrale et subtropicale. Cette plante est introduite en France à la fin du XIXe siècle. On la trouve également en Europe du Sud, aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Asie du Sud-Est et en Nouvelle Zélande. Elle s’adapte donc très rapidement à divers types de milieux.
C’est une plante aquatique amphibie, elle peut-être partiellement émergée ou immergée. Ses tiges sont allongées sur l’eau. Elles peuvent atteindre 3 à 4 mètres de longueur pour un diamètre de quelques millimètres.
Le myriophylle du Brésil étouffe les autres plantes et peut provoquer leur disparition. Il est un réel danger pour la diversité biologique végétale et animale. La prolifération de cette plante gène également la pêche et la navigation.
La renouée du Japon
Cette espèce, introduite en Europe au XIXe, colonise les fossés, les cours d’eau à une vitesse impressionnante. Elle empêche le développement de la végétation traditionnelle des rives. Sa dissémination par fragments de racines lors des crues et des curages de fossés est à l’origine de sa prolifération.