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Les territoires hydrographiques
Présentation des territoires hydrographiques du bassin versant de la Charente
La Charente amont, de la source à Angoulême
Des lacs et des barrages
À sa naissance, la Charente traverse les bocages de Charente
Limousine. Pour soutenir l’étiage du fleuve durant l’été et répondre
aux besoins de l’irrigation, deux grands lacs (le lac de Lavaud et le
lac de Mas Chaban) ont été construits en 1989 et 2000.
- Ils
occupent deux vallées (la Charente et la Moulde) sur près de 400
hectares. Leur création a bouleversé l’écosystème et fait apparaître de
nouvelles scènes de paysages. Le milieu naturel se reconstruit autour
de ces plans l’eau.
Le bocage avec son réseau de haies ou d’alignement d’arbres occupe une place prépondérante dans ce paysage.
Des oiseaux et des poissons Les lacs sont devenus des
lieux de repos, de nourriture et d’hivernage pour les oiseaux. Près de
170 espèces nicheuses et migratrices y sont recensées : le tardorne de
belon, le cormoran, la bernache, la grue cendrée, le martin-pêcheur... Les poissons carnassiers sont bien représentés avec notamment des sandres, black-bass, carpes…
Des développements touristiques Sur le site, un pôle
touristique a vu le jour et des aménagements ont été réalisés pour la
pratique d’activités de loisirs (baignade, canoë, voile, pêche,
randonnée, ...).
Méandres, bras d’eau et dépression
Ensuite, le cours de la Charente reste hésitant. Une incursion dans la Vienne et un retour en Charente par le Ruffécois. La
vallée alors étroite, s’élargit mollement en avant de Mansle. Jusqu’à
Angoulême, elle forme une vaste dépression où le fleuve déploie des
méandres, des bras d’eau et découvre des îles. Les berges sont bordées
des prairies régulièrement inondées, de bois marécageux de frênes,
d’aulnes, de coteaux calcaires abrupts. Les paysages agraires sont
dominés par de vastes parcelles de cultures intensives. La Charente reçoit les eaux de l’Aume, la Couture, l’Argentor et le Son Sonnette.
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Le karst de La Rochefoucauld
Des ressources souterraines à préserver
Le plateau karstique de la Rochefoucauld qui s’étend sur plus de 500 km 2
a une topographie singulière faite d’effondrements géologiques dus au
cheminement souterrain de rivières. De vastes dépressions appelées ici
fosses (Fosse mobile, Fosse limousine, Grande Fosse...) des gouffres
font le relief et les légendes de la forêt de la Braconne entre autres.
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Cette géologie originale a favorisé le développement d’une flore et
d’une faune très particulières. Les chênes côtoient les genévriers, les
landes, les pelouses sèches où s’épanouissent des orchidées. Ces
dolines et gouffres sont propices à l’habitat d’espèces animales
menacées : les chauves-souris, les salamandres, les tritons... Le karst
a une grande capacité de stockage et de préservation des eaux
pluviales.
Ce système aquifère globalement monocouche, libre,
se continue au sud-est dans le département de la Dordogne. Il est
affecté d'un pendage général faible, dirigé vers le sud-ouest.
Caractérisé par la présence d'un réseau karstique, il est limité au
sud-ouest par un réseau de failles mettant en contact la masse
carbonatée du Jurassique supérieur (Oxfordien récifal), avec les marnes
du Kimméridgien supérieur (marnes à Exogyra Virgula). Ce contexte
géologique particulier favorise, en Charente, la présence d'une zone de
débordement de l'aquifère : les sources de la Touvre. Elles sont
l'exutoire du karst de la Braconne, auquel s'ajoutent les pertes de
deux cours d’eau : Le Bandiat et La Tardoire. Les niveaux
géologiques impliqués dans ce vaste système karstique sont les
calcaires d'âge Jurassique moyen à supérieur, depuis l'étage Aalénien,
jusqu'à la base du Kimméridgien inférieur. Le mur imperméable de
l'aquifère est assuré par les argiles et les marnes d'âge Toarcien.
Outre l'AEP (eau potable), ce niveau est capté pour l'irrigation. Les
analyses nitrates montrent, pour une source, une bonne qualité des eaux
par rapport à ce paramètre (teneurs inférieures à 10 mg/l). La nappe
reste vulnérable étant donnée l'absence de recouvrement superficiel et
la rapidité des écoulements souterrains.
Bandiat, Tardoire, Bonnieure, vagabondages souterrains
Ces rivières perdront une grande partie de leurs eaux dans le karst de la Rochefoucauld. La Charente les récupèrera. Le Bandiat se jette dans la Tardoire uniquement l’hiver. La plupart du temps, il disparaît complètement dans le karst. La
Tardoire serpente dans des gorges étroites (gorges du Chambon) et après
Montbron dans une vallée de prairies juste avant de commencer à perdre
ses eaux dans des gouffres. La Bonnieure rejoint le fleuve après
avoir fait une incursion souterraine. Ses rives humides accueillent des
variétés végétales montagnardes comme le lys martagon ou l’ail des
ours. Myosotis, renoncules, campanules bordent les chemins...
La Touvre en résurgences
Sa source comporte 4 points de jaillissement : le Dormant, le
Bouillant, la Font Lussac et la Lèche. Le débit moyen de ces
résurgences varie de 12 à 15 m3/s (43 000 à 54 000 m3/h).Ces importantes résurgences (2e
de France au niveau du débit) sont alimentées par les pertes
souterraines des rivières Bandiat, Tardoire venant du karst de la
Rochefoucauld. Les eaux du Bouillant sont captées pour l’alimentation
en eau potable de l’agglomération d’Angoulême. La Touvre se jette
dans la Charente après avoir parcouru 11 km. Son débit est souvent plus
important que celui de la Charente l’été. Il est donc essentiel à la
vie du fleuve jusqu’à l’estuaire. L’eau de la Touvre est fraîche (8°)
et propice à l’élevage et à la pêche de truites.
D’Angoulême à Rochefort
Les «prées» inondables
Après Angoulême, le lit de la Charente s’élargit. Il coule dans
une large plaine alluviale. Jusqu’à Rochefort, ces secteurs appelés
«prées» sont inondables et occupés par des prairies. La Charente reçoit
les eaux du Coran, de l’Antenne, de la Seugne, du Né et de la Boutonne.
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Le Coran. Sa vallée d’une grande diversité écologique est
composée de bois humides d’aulnes, de frênes, de prairies marécageuses,
de chênaies sur les escarpements rocheux. Cette variété de milieux a
permis le développement d’une végétation aux affinités montagneuses
(véronique de montagnes, parisette à quatre feuilles, cardamine
flexeuse). Le vison d’Europe y trouve un habitat d’accueil.
La Seugne est bordée d’importantes zones humides faites de
forêts alluviales et de marais dont les marais de Breuils, de
l’Anglade, de l’Aubrade. En période de crue, elle communique avec ces
marais qui assurent un rôle de régulation et d’absorption de l’eau. A
ces milieux aquatiques, il faut rajouter des éléments originaux :
cuvette tourbeuse (100 ha), lignes de coteaux calcaires portant des
pelouses sèches. Ce territoire abrite des espèces menacées : la tortue
Cistude d’Europe, le vison et la loutre d’Europe, la lamproie de
Planer. Des frayères à brochets et à truite Fario y sont recensées.
L’Antenne. Cette petite rivière à courant moyen et de bonne
qualité est bordée d’aulnaies, de frênaies, de roselières inondables et
parcourue par un dense chevelu de bras secondaires. Parmi les espèces
remarquables de la vallée, il faut noter des libellules (cordulie à
corps fin...), des coléoptères (la Lucarne cerf-volant), une grande
variété de chauves-souris (la barbastelle), le vison, la loutre. Chez
les poissons, le chabot, les lamproies, les aloses, trois sites de
frayères de truite Fario sont connus.
Le Né. Sa vallée comprend deux parties distinctes : • la haute vallée qui abrite une rivière à nombreux bras, bordée d’une végétation ligneuse (aulnaies, frênaies, peupleraies). Ce
paysage bocager, où s’est établi un compromis avec les activités
humaines, a conservé des prairies naturelles humides. Des espèces
animales rares (le triton crêté, la libellule cordulie, la loutre, le
vison d’Europe...) y vivent. Les plantes des prairies humides s’y
épanouissent (le saule pourpre, la sagittaire...), • le cours moyen marqué par un paysage de vastes champs voués à l’agriculture intensive (céréales notamment).
La Boutonne. Sa vallée comprend de nombreuses prairies
inondables, des bois denses (forêts de Chizé, d’Aulnay) et des cultures
de peupliers. Son cours inférieur est en correspondance avec les marais
d’accompagnement depuis St-Jean-d’Angely jusqu’à la confluence du
fleuve. La Boutonne connaît les étiages les plus sévères du bassin de
la Charente. On peut noter la présence d’un cortège d’espèces
menacées : loutre d’Europe, d’invertébrés tels que la Rosalie des Alpes
ou le cuivré des marais, des poisson comme le lamproie de Planer.
Les marais côtiers et le bassin de Marennes Oléron
Prairies humides, vasières, canaux...
Ces marais littoraux s’étendent autour de Rochefort sur plus de 20 000 hectares.
Issus des activités humaines, ils sont, aujourd’hui, en grande partie, doux, desséchés et de deux types :
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- les marais «gâts», anciens marais salants convertis en prairies, en peupleraies,
- les marais «plats» parcourus par des chenaux et fossés organisés en un réseau dense.
Ces
canaux et fossés, creusés pour assainir les prairies, sont des clôtures
naturelles. Ils permettent, selon les saisons, l’évacuation ou
l’alimentation des marais en eau douce. Ils jouent également un rôle
d’épurateur biologique et sont un corridor pour la faune (poissons,
loutres...). La mise en culture progressive de ces marais constitue
un vrai risque de déséquilibre. Les produits phytosanitaires utilisés
sont nuisibles à la qualité des eaux, à la faune et la flore.
L’indispensable eau douce de la Charente pour l’ostréiculture
À son embouchure, le fleuve Charente alimente en eau douce le bassin
ostréicole de Marennes Oléron. Ce bassin est composé de marais, de
claires, de parcs à huîtres. L’eau douce de la Charente est
essentielle à l’activité conchylicole. Le succès des captages des
jeunes larves d’huîtres et leur développement dépendent d’un subtil
équilibre entre la température, la salinité, le pH de l’eau. Seul
l’apport suffisant de «doucin» de la Charente (95 % des apports en eau
douce dans le bassin), permet de réunir ces conditions favorables. Le
développement du phytoplancton indispensable à la croissance des
huîtres, dépend de l’apport en nutriments contenus dans l’eau douce du
fleuve.
Réserves d’oiseaux
L’alternance d’immenses vasières, de dunes sèches, de roselières, de
prairies humides participe à la richesse faunistique et floristique.
Ces marais littoraux sont situés sur une des principales voies de
migration des oiseaux en Europe. Ils sont donc des lieux privilégiés de
halte migratoire et d’hivernage (plus de 20 000 oiseaux d’eau). En
période de nidification, ils sont des zones de reproduction et
d’alimentation pour l’avifaune. Ils abritent aussi des espèces
patrimoniales en danger : l’anguille, la loutre et le vison d’Europe...
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