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Histoires d'eau
Histoire de la navigation - Villes du fleuve- Besoin d'eau
Histoire de la navigation
Les balbutiements de la navigation sur le fleuve Charente
A l'époque gallo-romaine, le fleuve Charente devient un axe de navigation pour le transport de marchandises. La voie d'eau sert surtout pour le transport de pierres qui proviennent des carrières de Saintes, Saint-Vaize, Crazannes, Taillebourg et de Saint-Savinien. Les premiers moyens de navigation sur le fleuve apparaissent. Ainsi l'on rencontre des pirogues monoxyles, pirogues creusées dans un seul tronc d'arbre, dès l'époque gallo-romaine, et ce, jusqu'au XIe siècle.
Le fleuve Charente, un axe commercial en plein essor (XIe-XVIIIe siècles)
Les premiers siècles de l'époque médiévale sont marqués, pour le fleuve Charente et sa vallée, par une politique de grands travaux et d'aménagements du cours d'eau dans le but de faciliter la navigation, le transport de marchandises et dans un cadre plus général, la vie de ses habitants. A la même période, plusieurs ouvrages sont construits tout le long du fleuve : écluses, quais mais aussi ponts.
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Dès le XIe siècle, l'on voit apparaître des pêcheries dans les fonds de la Charente mais également de certains de ses affluents comme la Touvre et la Seugne. Ce système de pêche est l'un des plus connu de l'époque médiévale et certainement le plus utilisé car le poisson fait parti de l'alimentation de base du "bon chrétien". Ces installations se situent, dans la plupart des cas, près d'aménagements hydrauliques de l'époque, tel que barrages fixes, moulins ou ponts. Les recherches subaquatiques ont permis par exemple de révéler quelque cent vingt-trois pêcheries, des époques médiévale et moderne, dans les fonds de la Seugne.
A cette époque, la construction de moulins se multiplie, nous savons qu'au début du XIVe siècle, il en existait sept aux alentours de Jonzac. Ils servent essentiellement à broyer des céréales pour en faire de la farine qui servait à la fabrication du pain. On trouvait également des moulins à tan (le tan est obtenu en broyant des écorces de chêne qui sont réduites en poudre. Ces dernières sont par la suite utilisées pour le tannage des peaux) ou à drap (leur roue est située directement sur le cours d'eau, contrairement aux moulins à blé qui utilisaient des biefs).
Dès le XIIe siècle, l'arrière pays charentais s'ouvre sur l'Atlantique et le grand commerce marin. Il existe, à l'époque, deux courants commerciaux principaux : le sel qui remonte la Charente (de Brouage à l'arrière-pays) et le vin qui la descend (d'Angoulême/Cognac à Brouage). Les marchandises transportées par gabares jusqu'à Saint-Savinien sont ensuite chargées sur des frégates de haute mer. Il existait d'ailleurs de nombreux péages sur le fleuve d'où l'on percevait un droit sur le sel (la gabelle). En plus du sel et du vin, la Charente permet de transporter des marchandises très diverses : le bois de construction, les poteries, les draps de Saintes, les cuirs produits par les tanneries d'Angoulême, la morue pêchée à Terre-Neuve, les pierres provenant des carrières situées aux bords du fleuve ou de ses affluents (Saint-Même, par exemple). Avec la création de l'arsenal de Rochefort, en 1666, et la construction de la fonderie de Ruelle sur Touvre, en 1753, le fleuve Charente et son territoire connaissent un essor économique important. L'exportation d'eau de vie est également l'un des facteurs essentiels de ce développement.
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L'ère industrielle : un nouveau visage pour le fleuve
Le XIXe siècle est marqué par l'implantation et la construction d'industries qui permettent à la vallée de se moderniser. De nouvelles industries apparaissent tour à tour dans les domaines de la sidérurgie, du textile ou encore de la faïencerie.
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Mi XIXe siècle, près d’un millier de gabares naviguent annuellement sur son cours, pour le transport des marchandises. Ces dernières peuvent voyager les deux tiers de l'année. Angoulême est à 16 ou 21 jours de Tonnay-Charente, suivant les possibilités de navigation. En effet, lorsque les basses eaux interrompent le trafic fluvial, des charrettes vont parfois chercher à Jarnac le sel qui n'arrive plus à l'Houmeau.
Les aménagements du XIXe siècle comportent la construction de ponts, véritables œuvres d’art sur le cours du fleuve. A l'époque moderne, l'on traverse la Charente essentiellement par barques ou par bacs ; ainsi dans les années 1900, l'on compte 22 bacs en activité sur le fleuve. En 1873, ils ne sont plus que neuf en service.
Les ponts les plus emblématiques du XIXe siècle, sont, sans conteste, celui de Rochefort, unique pont transbordeur élevé en France, et celui de Tonnay-Charente, l'un des plus vieux ponts suspendus d'Europe, construit en 1842.
La fin du XIXe siècle est le théâtre du déclin inéluctable du fleuve comme vecteur du développement économique de sa vallée. Les chemins de fer, plus rapides en termes d’acheminement de marchandises, se substituent à l’activité batelière.
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Villes du fleuve
Angoulême
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L'histoire de la ville d'Angoulême à l'époque gallo-romaine est très peu connue des historiens. Néanmoins, elle est considérée, à l'époque, comme une ville moyenne de l'Empire romain, située sur une voie romaine majeure, qui relie les cités de Poitiers et de Bordeaux.
A l'époque médiévale, Jean sans Terre, alors roi d'Angleterre, signe une charte, en 1204, qui officialise la création de la ville d'Angoulême. Elle devient, quelques siècles plus tard, la capitale du comté d'Angoumois.
Sous l'Ancien Régime, Angoulême connaît une période prospère grâce à son fleuve. La Charente, axe de communication important qui relie l'Angoumois directement à l'Atlantique participe au développement de la ville.
Elle devient, au XIXe siècle, le premier bassin industriel de la région avec l'implantation d'industries métallurgiques, mais aussi d'industries textiles et papetières ou encore de faïenceries et de corderies. Elle connaît aux XXe et XXIe siècles, une renommée internationale avec le festival de la Bande Dessinée et la création du pôle image.
Cognac
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Cité gallo-romaine, située sur les voies romaines qui relient Saintes et Limoges et Saintes et Périgueux, Condate( ?) Conniacum la villa Connii fait partie intégrante du Pays Santon.
Au XIe siècle, Cognac devient un petit bourg fortifié construit autour de son château et de son prieuré, qui verra naître, en 1494, François de Valois Angoulême et qui deviendra en 1515, le roi de France François 1er.
Le commerce du sel mais surtout du vin, puis de la fameuse "liqueur des Dieux", comme l'appelait Victor Hugo, permet à la ville de Cognac de se développer et surtout de s'enrichir. Le XVIIIe siècle est marqué par l'installation de nombreuses et fameuses maisons de négoce, qui participeront à la notoriété internationale de la ville de Cognac.
Saintes
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Saintes, connue à l'époque gallo-romaine sous le nom de Mediolanum Santonum (qui signifie "milieu de la plaine") est essentiellement habitée par le peuple gaulois des Santons. Elle occupe une place stratégique dans l'Empire romain car elle possède le statut de capitale du vaste territoire de la province de la Gaule Aquitaine. Il reste d'ailleurs de cette époque de nombreux vestiges comme l'amphithéâtre ou l'Arc de Germanicus.
Au Moyen Âge, la ville de Saintes joue surtout un rôle sur le plan religieux. En effet, l'Abbaye aux Dames, construite au XIe siècle, est placée au cœur de la vie religieuse de la Saintonge. De plus, Saintes est située sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle et devient très vite une halte de choix pour tous les pèlerins qui se dirigent vers l'Espagne.
Du XVe au XVIIIe siècles, la ville de Saintes joue un rôle sur le plan politique et devient le siège de la juridiction du Présidial et le lieu de résidence du Gouverneur du roi.
Au XIXe siècle, la ville revêt un nouveau visage, l'on entreprend une politique de grands travaux afin de réaménager son centre ville. Ainsi, sont édifiés un palais de justice et un théâtre, peu de temps après l'ouverture du Cours national. C'est à la fin du XIXe siècle que la ville de Saintes s'ouvre sur le reste de la région et, dans un cadre plus général, sur la France, grâce à la construction du chemin de fer.
Rochefort
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Rochefort, ville nouvelle, est créée en 1666, par ordre du roi, Louis XIV. La construction de l'arsenal est motivée par la défense et l’approvisionnement des colonies outre-atlantique. L’histoire de cette ville du XVIIe siècle, est directement liée à celle des colonies et particulièrement à celle de la Nouvelle-France.
L'édifice le plus significatif et le plus connu de l'arsenal est la Corderie Royale. Elle est construite à partir de 1666, sur les plans de l’architecte François Blondel et est mise en service dès 1670. Ce bâtiment de 374 mètres de long sert à la fabrication des cordages, équipant la flotte du roi.
Outre son rôle militaire, l'arsenal de Rochefort joue également un rôle important dans l'acheminement des marchandises provenant de son arrière-pays vers d'autres contrées. Ainsi l'arsenal est souvent considéré, dans les écrits, comme le "débouché naturel de la Saintonge et de l'Angoumois". L'arsenal voit donc transiter dans son port diverses marchandises comme l'eau de vie, le sel ou encore les pierres des carrières, qui partent de nos territoires mais également la morue séchée, les fourrures, l'indigo, qui arrivent, elles, des colonies du Nouveau Monde.
Elle tiendra son rôle d'arsenal jusqu'au début du XXe siècle, époque à laquelle, Rochefort, voit sa vocation militaire décliner
Besoin d'eau !
Reconsidérer l’environnement
Aujourd'hui, l'homme doit reconsidérer l'environnement qui l'entoure et porter sur lui un regard nouveau. A l'heure où les questions environnementales sont au cœur des préoccupations sociales et politiques, la Charente est au centre de ce processus de redécouverte ou même, de découverte du bassin versant, de ses richesses et potentialités. Les relations entre l'homme et le milieu fluvial sont en pleine mutation, mutation que l'on peut expliquer par l'histoire qui les lie depuis des siècles.
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Dès son origine, l'homme s'est principalement installé autour des cours d'eau car ils lui apportaient les éléments essentiels à sa survie. Les fleuves, rivières et marais restent néanmoins, jusqu'au XIXe siècle, des milieux naturels dont on se méfie (foyers de maladies ou lieux d'exil). Puis, l'homme essaie de s'affranchir des aléas du milieu fluvial (inondations, navigabilité,…) en entreprenant de grands travaux d'aménagements, qui lui permettront de prendre une position de force dans le paysage. Cette stratégie de domination trouve actuellement ses limites en raison des dégats produits sur l’environnement.
Aujourd'hui les réflexions et les actions mises en place autour du milieu fluvial s'engagent dans un processus de réhabilitation et de préservation qui consiste à redonner au fleuve sa liberté et sa diversité.
Reconquérir les milieux naturels
Le changement d'attitude de l'homme face à la ressource en eau est notamment observé au niveau des marais et autres zones humides.
Autrefois asséchés, car considérés comme insalubres et non productifs, les marais font aujourd'hui l'objet de protections particulières.
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L'homme tente de valoriser ces espaces souvent délaissés où les assèchements ont altéré les milieux. Riches en biodiversité et plus particulièrement sur la faune et la flore, ils jouent aussi un rôle sur le cycle de l'eau. De nombreuses opérations de réhabilitation et de valorisation sont mises en œuvre depuis quelques années : circuits touristiques, découverte de la faune et de la flore par la mise en place d'observatoires, suivi et gestion des niveaux, par exemple.
Retrouver des milieux de bonne qualité est nécessaire pour que l'on puisse aspirer à un meilleur cadre de vie. Actuellement, les enjeux réels face à la ressource en eau sont nombreux : usages de l'eau, santé, environnement ou encore respect de la biodiversité du milieu.
L'homme a besoin de l'eau et doit par conséquent agir pour la conserver, mieux la gérer et mieux la partager.
Garantir la bonne qualité de la ressource c'est garantir la qualité de l'eau potable et la santé des populations de façon durable et à des prix raisonnables.
Restaurer la qualité écologique des rivières, c'est l'objectif de la DCE et de la gestion intégrée par bassin versant que porte l'EPTB. Pouvoir de nouveau pêcher des espèces nobles, de grands migrateurs (anguilles,…), se baigner et profiter des eaux du fleuve, c'est retrouver un espace de vie récréatif, économique, une richesse commune à partager.
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