La gestion
du cycle de l'eau à l'échelle
du
bassin fluvial de la Charente
Rémy Filali*, EPTB
Charente et Bruno Coupry, Julien Neveu Eaucea
*Le
point de vue de l'auteur est personnel, il n'est pas forcement celui
de l'EPTB
Charente.
Généralités
Pour
des raisons de climat (sec en été), de géographie (pas de grande
ressource nivale, des aquifères en limite de sollicitation) et
d'usage (forte pression de l'irrigation principalement), la gestion
de la pénurie d'eau et des conflits associés font depuis de
nombreuses années l'objet d'un débat dans le grand sud ouest de la
France. Le bassin Adour Garonne est ainsi devenu un laboratoire
grandeur nature de la capacité des parties prenantes à s'organiser
et le bassin versant de
la Charente en est probablement l'exemple le plus représentatif. Une
année sur 5, en période d’étiage, la demande (120 Mm3)
correspond au double de l’offre (60 Mm3),
le reste du cycle annuel restant largement excédentaire. Il
existe donc bien des
opportunités pour un partage raisonné de cette ressource pour peu
que le cycle de l’eau soit mieux compris et que les usages soient
plus systématiquement mis en regard de ce que les ressources peuvent
offrir.
Le
bassin versant de la Charente (Fig. 1), dont le cours s’étend sur
365 km, a une superficie d'environ 10 000 km² entre les contreforts
du Massif Central et l'océan atlantique. Le point culminant s’élève
à 495 m et 93% du territoire se situent à moins de 200 m
d’altitude. La substrat géologique est à dominante calcaire, sauf
dans la zone de socle à l’amont (Photo 1).
Figure
1. Carte du
bassin versant de la Charente.
Photo
1. La Charente à
Montignac (cliché Olivier Auriol, EPTB Charente).
Le
fleuve reçoit 22 affluents pour un réseau hydrographique cumulé de
2 183 kilomètres, auxquels il faut ajouter le système de canaux
servant à l'alimentation des marais endigués, souvent à vocation
d’élevage ou de grandes cultures. Historiquement,
le canal Charente-Seudre qui date du 19ème
siècle crée le premier transfert de ressource en eau inter-bassin.
Pour corriger les faibles écoulements d’étiage, notamment sur le
socle cristallin (moins
de 1 l/s/km2),
deux réserves de soutien ont été créées à Lavaud (Photo 2) et
Mas Chaban. En hiver et
en plaine, les inondations s'étalent très largement dans la plaine
et sont longues à se résorber. En aval, les marais du secteur de
Rochefort sont alimentés par la Charente. Le littoral enfin, et
particulièrement le bassin de Marennes Oléron, est de plus en plus
associé à la définition de ce continuum fluvio-maritime en raison
des fortes interactions écologiques avec les flux d’eau douces
continentaux.
Photo
2. Le barrage de Lavaud, sur la Charente (cliché Olivier
Auriol, EPTB Charente).
Le bassin de la Charente est
caractérisé par des relations étroites et complexes entre eaux de
surface et eaux souterraines (Fig. 2).
Les cours d'eau, dans la plupart des cas, naissent de sources et de
résurgences souterraines, à l’image du karst de La Rochefoucauld
où se perd totalement la Tardoire et dont émerge la résurgence de
la Touvre (2ème
résurgence de France en terme de débit) qui constitue la véritable
source de la Charente en période estivale (2/3 du débit). Ce court
circuit naturel, qui ampute le haut bassin d’une partie de ces
ressources, a été en partie seulement compensé par le soutien
d’étiage artificiel.
Figure
2. Les systèmes aquifères du bassin versant de la Charente.
Il
existe bien d'autres situations de pertes totales ou partielles sur
le bassin, comme sur le Né ou la Seugne. Ces situations
partiellement d’origine naturelle ont rendu difficile la définition
d’objectifs environnementaux partagés pour les écoulements
superficiels intermittents. À l’inverse, l’importance des
apports souterrains donnent au système Charente une inertie
importante avec une forte prévisibilité des phénomènes d’étiages.
Organisation
socio-économique
Le
bassin versant de la Charente est un territoire très rural dont les
activités principales sont une agriculture
diversifiée :
céréales, vignes, élevage extensif qui a connu un développement
grâce à l'irrigation. Il accueille également une industrie
agroalimentaire de renom (Cognac, produits laitiers…), une activité
ostréicole d'envergure européenne et un tourisme contrasté entre
la frange littorale et celle des pays de l'intérieur. On remarque un
tourisme fluvial en développement.
Le
bassin s'étend en partie sur six
départements
(Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne, Haute-Vienne et
Dordogne), trois
régions
(essentiellement la région Poitou-Charentes mais aussi le Limousin
et l'Aquitaine) ainsi que sur une multitude de structures
communales et intercommunales.
Ces maillages ont une influence sur l'organisation socio-économique
de l'eau de ce bassin.
Concernant
le domaine de l'eau, c'est le plus petit bassin du district
administratif Adour Garonne. La Charente est considérée par le
Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du
bassin Adour Garonne comme un cours d'eau déficitaire
à l'étiage et réalimenté
par des barrages.
Créé
en 1977 à l'initiative des Conseils généraux de la région
Poitou-Charentes (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et
Vienne), l'Institution interdépartementale pour l'aménagement du
fleuve Charente et de ses affluents (EPTB
Charente, reconnu
comme EPTB en 2007 au titre du code de l’environnement), a pour
objectif de faciliter la mise en place d'une gestion globale et
intégrée du cycle de l'eau à l'échelle du bassin fluvial de la
Charente.
Le
périmètre d'action de l'EPTB Charente est indiqué sur la figure 3.
C'est celui qui a été utilisé dans le cadre de la concertation
pour mettre en place le PGE du bassin de la Charente mais aussi le
plan d’action de prévention contre les inondations.
Figure
3. Périmètre de
l'EPTB Charente.
Usages,
enjeux et vulnérabilité en période d'étiage
Les
enjeux liés à l'eau sont nombreux sur ce territoire. Ils
s’articulent autour du partage raisonné et équitable de la
ressource disponible entre les différents usages de l’eau.
Eau
potable
Le
fleuve et son affluent principal à l’étiage, la Touvre, sont les
principales ressources des deux départements de Charente et Charente
maritime non seulement sur le bassin mais aussi pour La Rochelle, le
cordon littoral et les îles. Les nappes, aujourd’hui très
sollicitées par les prélèvements d’eau potable en milieu rural,
sont souvent fragilisées par l’évolution qualitative de
nombreuses ressources souterraines. La Charente et le karst de la
Rochefoucauld, qui constituent la principale ressource en eau
superficielle de la façade atlantique de Poitou-Charentes,
représentent donc une ressource stratégique pour l’eau potable.
Ostréiculture
Le
bassin de Marennes-Oléron, premier bassin ostréicole européen est,
avec le bassin d’Arcachon, l’un des derniers lieux de
reproduction naturelle des huîtres japonaises. Ce statut, le bassin
le doit au régime hydrologique de la Charente en début d’été.
Il apporte les conditions de dessalure adéquates pour le
développement de ce coquillage. L’enjeu estuarien est donc un
enjeu stratégique majeur pour la filière ostréicole française.
Agriculture
La
ressource en eau est structurante aujourd’hui sur la totalité des
sous bassins versants de la Charente. 75 000 hectares sont irrigués
à partir des eaux superficielles et souterraines. L’irrigation,
centrée aujourd’hui sur le maïs, sera toujours un atout pour la
diversification de l’agriculture.
Environnement
La
diversité du réseau hydrologique depuis les sources cristallines de
la Charente, les pertes et les résurgences des bassins karstiques,
le chevelu des petits ruisseaux, les rivières structurées depuis au
moins un millénaire par les aménagements humains, la forte
influence de la marée loin sur les axes de la Charente et de la
Boutonne ainsi que les marais côtiers, zone de transition avec
l’océan, contribuent à la richesse du territoire. Cette richesse,
qui permet le développement des autres usages notamment le tourisme,
peut être progressivement dégradée par une mauvaise maîtrise des
régimes des étiages et de la qualité.
Le
Plan de gestion des étiages (PGE) Charente : une démarche pour un
partage raisonné et équitable de la ressource en eau
Introduction
Pour
partager une ressource en eau considérée comme limitée, dans les
années 80, une gestion concertée de l’eau à l’échelle
interdépartementale se met progressivement en place sur le bassin de
la Charente en s'appuyant sur les réglementations et la régulation.
En
1992, après huit années de concertation, elle se traduit par la
signature d’un Protocole
relatif à la gestion des eaux du bassin de la Charente
par l’Institution,
l’État, l’agence de l’eau Adour-Garonne et certains usagers.
Les grands principes fondateurs sont la priorité de l’alimentation
en eau potable des collectivités, le maintien de débits et de
niveaux minima dans les rivières, les économies d’eau, la
diminution des rejets polluants et l’amélioration de la ressource
en eau disponible. Ce protocole a notamment abouti à la mise en
place du suivi des prélèvements à l'aide de compteurs, la
construction de barrages et la tarification de l'eau sur la partie
réalimentée du bassin.
En
1993, les premiers décrets de zone de répartition des eaux puis le
SDAGE Adour Garonne en 1996, sont les premières réponses à cette
situation de tension. En 1995, un premier tableau de bord alimenté
par modem, préfigure la version de 2001 mise en ligne sur Internet.
En 1996, les principes du Protocole
inspireront la mesure C5 du SDAGE, outil de planification de la
gestion quantitative de la ressource en eau. Ils structurent
aujourd’hui les Plans
de gestion des étiages
(PGE) du district Adour Garonne. Le PGE a pour objectif d’organiser
le partage concerté et équitable de la ressource en eau quatre
années sur cinq pour en améliorer
la gestion. La gestion de la crise qui se produit la cinquième année
« sèche » restant du ressort de la Police de l’eau.
Initiée
en 2002, la démarche du PGE sur le bassin de la Charente peut être
en partie analysée comme le résultat de 10 années de pratique du
premier protocole et de son actualisation. Mais en partie
seulement... En effet, la pression sur la ressource notamment
estivale s’est accrue et continue à en limiter son partage
équilibré. Le contexte général a également évolué avec
l’apparition de nouveaux usagers qui considèrent l’eau comme un
« milieu naturel » et qui se sont progressivement assis à
la table des négociations pour faire valoir leur point de vue :
usagers professionnels comme la conchyliculture, usagers
environnementaux et maintenant touristiques. L'eau, sa qualité, les
territoires et les paysages qu'elle nourrit et sculpte, sont devenus
de nouveaux enjeux économiques.
Deux indicateurs de gestion d’étiage
Pour
organiser la gestion de l'étiage deux
indicateurs ont
été définis dans le SDAGE Adour Garonne : le Débit objectif
d'étiage (DOE)
et le Débit de crise (DCR).
L'objectif du PGE est
d'organiser une gestion quantitative de la ressource en eau qui
permet de satisfaire l'ensemble des usages de l'eau du bassin, en
particulier socio-économiques : tourisme, conchyliculture,
agriculture... tout en préservant le bon fonctionnement du milieu
aquatique et terrestre du bassin.
Lorsque
le débit d’un cours d’eau est au dessus du DOE, l'ensemble des
usages se développe sans conflit. Basé sur des données techniques,
le DOE a été ajusté au cours d’une négociation entre les
différents acteurs de l’eau. C'est ce qu’on pourrait appeler le
débit de la « paix sociale ». Il fonde la planification du partage
et de l’aménagement de la ressource.
Le
DCR, quant à lui, est le débit à ne jamais atteindre. C’est
pourquoi, au DCR, tous les prélèvements sont arrêtés. Il n'est
toléré qu'exceptionnellement. À ce débit, la ressource est
réservée exclusivement à la préservation du milieu et à la
fourniture d'eau potable.
Entre
le DOE et le DCR, la compétition et les conflits entre les usages
apparaissent. La gestion de cette crise est aujourd’hui réglée
par des mesures de Police de l'eau à l’échelle départementale.
Elle ne permet pas de répondre complètement aux enjeux de bassin.
Sous l’impulsion du PGE, cette organisation est progressivement
harmonisée à l'échelle du bassin versant de la Charente et d’unité
de gestion plus proche de la notion de ressource en eau.
Le
compartiment souterrain est bien sûr au cœur de dispositif non pas
en tant qu’objectif final mais en tant que moyen pour respecter les
objectifs environnementaux associés aux eaux superficielles. C’est
pourquoi, le respect des DOE passe souvent par leur traduction en
respect de piézométrie sur certaines nappes stratégiques,
elles-mêmes sous le contrôle partiel des prélèvements. Ce
dispositif original permet de créer un lien systémique entre la
gestion des eaux souterraines et des objectifs environnementaux a
priori éloignés sur
le plan géographique ou du sens commun.
Mise
en place et application du PGE
Comme
nous l’avons déjà évoqué, en période d'étiage sur le bassin
de la Charente, les besoins potentiels des différents usages
économiques consommateurs d'eau correspondent, les années sèches,
au double des ressources naturelles disponibles sur le bassin :
120 M de m3
pour une offre de 60 M de m3
d'eau circulant entre juin et octobre.
La définition même de la part disponible pour les usages et de la
part à réserver aux milieux est l’un des principaux acquis des
PGE. La concertation entre les différents acteurs a ainsi abouti à
la rédaction d'un protocole qui organise, sur une dizaine d'années,
un certain nombre de moyens et d'actions pour retrouver un état
d'équilibre entre les besoins exprimés, les ressources disponibles
sur le bassin et la préservation du patrimoine naturel du
territoire.
Dans
le protocole, dont la mise en oeuvre a commencée en 2005,
différentes incitations sont associées :
mesures d'économies, tarification de l'eau, réduction progressive
des autorisations de prélèvement d'eau sur l'ensemble du bassin,
cette dernière mesure n’étant pas encore suffisamment coordonnée.
Des réunions d’information, une sensibilisation des usagers sont
également menées. On estime toutefois que l'intervention sur la
demande ne commencera à être perceptible que dans une dizaine
d'année au moins… Faudra-t-il attendre que les paysages et l'eau
se dégradent de façon irréversible pour faire évoluer cette
situation ?
Concernant
l'offre, la nécessité de création de nouvelles ressources a été
également mise en évidence par le PGE sous la forme notamment de
retenues de substitution mais cette offre a cependant du mal à se
structurer faute de financements adéquats et de porteurs de projets
suffisamment organisés.
Les
mesures précédentes portent sur la ressource en eau. Pour organiser
le partage de cette ressource et les risques associés, trois autres
mesures spécifiques au PGE Charente viennent compléter le
dispositif :
-
la
mise en place d'une instance
de régulation,
la Commission d'élaboration puis de suivi du PGE, qui est le garant
de la dynamique et de la pérennité de la démarche ;
-
un
outil de
planification stratégique et opérationnel
qui structure et organise les différentes actions dans le temps
inscrites dans le PGE, actualisé par la Commission de suivi. En
effet, face à la situation de pénurie récurrente de la ressource,
seule la mise en place de règles de gestion, plus fines, permettra
d'améliorer la situation. Cela passe par une meilleure connaissance
du fonctionnement du bassin et par des études qui peuvent être
planifiées sur 10 ans ;
-
un
outil d'aide à la
gestion (modèle
CycleauPE), initié en 1995, qui permet, grâce à un tableau de
bord avec différentes fonctions : historisation de l'information,
état des lieux et anticipation sur l'état de la ressource, d'aider
à la décision. Il a été utilisé avec succès notamment lors de
l'étiage 2005 sur une partie du bassin. Le volet anticipation de
cet outil est spécifique au bassin de la Charente. Il est présenté
ci-après.
Le
modèle CycleauPE, développé aujourd’hui sur le
territoire de la Charente, est construit comme un ensemble de modèles
réservoirs (type GR4) correspondant à des sous bassins versants,
couplés entre eux (Fig. 4 et 5).
Figure
4. Structure
générale de l'outil "CycleauPE".
Figure
5. Représentation
conceptuelle du modèle à réservoirs.
La
principale originalité du modèle est la description détaillée du
compartiment souterrain qui peut être décrit par un ou plusieurs
réservoirs. Il s'appuie sur la connaissance géologique et
l’intégration d'un modèle de prélèvement d'eau. Ce modèle est
capable d'intégrer les évolutions au jour le jour de différents
paramètres : pluie, stade végétatif des cultures, restrictions...,
ce qui permet une gestion concertée de plus en plus fine. Toutefois,
aucun paramètre de calage n’est pris en compte tant qu’une
interprétation physique cohérente avec la compréhension du
fonctionnement du compartiment modélisé ne peut lui être associée.
Dans ce contexte, où le modèle sert à partager avec le plus grand
nombre l’interprétation des phénomènes hydrologiques observés,
la représentation graphique des résultats est un volet important de
CycleauPE (Fig. 6).
Figure
6. Représentation
graphique des simulations de CycleauPE
Lorsqu’une
mesure de restriction est prise, le bénéfice attendu pour le milieu
est enfin quantifié et visualisé. À l’inverse, la prévision de
la durée du sursis permis par une pluie permet à la police de l’eau
d’envisager une approche plus pertinente des mesures de retour à
la normale.
Un
autre intérêt de ce modèle tient à l’organisation des
prélèvements en eau par bassins. En effet, la gestion des
interactions entre sous bassins devient alors plus lisible et les
conséquences d’un effort sur telle ou telle partie du système
sont appréciées au niveau local et au niveau global. Ce qui permet
de définir le niveau réel des pressions exercées au pas de temps
choisi. Autre avantage de cette stratégie : progressivement,
les références administratives classiques sont remplacées par
celles de bassin versant.
Enfin,
CycleauPE permet d'implémenter des scénarios climatiques issus de
la recherche internationale et d’évaluer leur conséquence à des
échelles locales plus opérationnelles. L’intégration complète
du cycle annuel de l’eau, permet de lever des hypothèques comme
par exemple la disponibilité de ressource de substitution dans le
compartiment souterrain en hiver.
Conclusion
Le
parti pris sur le bassin de la Charente est qu'un modèle de gestion
ne se construit pas en un jour. Il doit pouvoir répondre aux
évolutions qui accompagnent la vie d’un sous-bassin et au
renouvellement des questions posées. Il a d'ailleurs permis
d'identifier très tôt deux écueils à éviter :
-
les
moyens à mettre en œuvre en terme de collecte de l’information
doivent être proportionnés aux enjeux (d’où le refus de modèles
distribués très gourmands en données initiales) et rester
disponible en routine (par exemple la pluviométrie) ;
-
le
refus d’un modèle « boîte noire » très complexe,
potentiellement plus précis, mais qui présuppose le principe de
compétence de son auteur et souvent une liste d’interrogations
figées qui déterminent son architecture. Comme il ne peut pas y
avoir gestion sans adhésion des acteurs, ce type de modèle relève
plus de la recherche que de la conduite opérationnelle des
affaires.
Depuis
trois ans, CycleauPE fonctionne au sein de l’EPTB Charente et son
utilisation quotidienne, chaque été, a enrichi le système d’une
expertise qui permet d’affiner des points de vue sur les risques de
telle ou telle situation hydrologique. Pour l’expert qui l’utilise,
le modèle lui propose une interprétation qui permet en premier lieu
d’aborder les ordres de grandeurs des interactions en jeu avec une
bonne fiabilité. Ce qui lui permet de tenir un discours adapté et
pertinent dans les différents cercles de concertation où ce décide
in fine
la gestion.