Qu'est-ce que le cycle de l'eau ?La gestion des étiagesLa gestion des crues et inondationsLa qualité de l'eau
Actions sur le documentLes étiages du bassin versant de la Charente
ContexteLe bassin hydrographique de la Charente est confronté chaque été à un régime d’étiage sévère. Le bassin connaît naturellement des étiages avec des assèchements sur de nombreux cours d’eau mais la situation s’est progressivement accentuée sur la période estivale, de juin et octobre, en raison des prélèvements de différents utilisateurs de l'eau superficielle et souterraine (agriculture notamment, eau potable ou industrie). D’autres activités dépendent aussi de l'eau, comme la conchyliculture, le tourisme fluvial, les loisirs d’eau ou la pêche. Ces usagers sont aussi des utilisateurs de cette ressource. Pour partager une ressource en eau limitée, une gestion concertée de l’eau à l’échelle interdépartementale s'est mise progressivement en place, dans les années 80, en s'appuyant sur la réglementation et la régulation.
Actions de l'Institution
1992 - Signature d’un Protocole relatif à la gestion des eaux du bassin de la Charente par l’Institution, l’Etat, l’Agence de l’eau Adour Garonne et certains usagers. Les grands principes fondateurs sont la priorité de l’alimentation en eau potable des collectivités, le maintien de débits et de niveaux minima dans les rivières, l’économie de l’eau, la diminution des rejets polluants et l’amélioration de la ressource en eau disponible. Ce protocole a notamment abouti à la mise en place du suivi des prélèvements à l'aide de compteurs, la construction du barrage de Mas-Chaban et la tarification de l'eau sur la partie réalimentée du bassin. 1993 - Signature d'une « Convention sur l’utilisation par l’agriculture des eaux du fleuve Charente entre les barrages de Lavaud et Mas Chaban et la ville d’Angoulême ». Elle prévoit la mise en place d’une commission de gestion afin d’organiser les prélèvements dans le fleuve et sa nappe d’accompagnement, ainsi que la participation des agriculteurs au prix de l’eau qu’ils prélèvent. 1994 - Classement de la totalité du bassin versant de la Charente en zones de répartition des eaux par le décret n° 94-354 du 29 avril 1994, zones présentant une insuffisance, autre qu'exceptionnelle, des ressources par rapport aux besoins. 1995 - Mise en place d'un tableau de bord de la ressource en eau (TBRE), pour améliorer la gestion quantitative et satisfaire les différents usages de l’eau sur le bassin en période d’étiage, en partenariat avec l’Agence de l’eau Adour Garonne. 2001 - Mise en ligne du TBRE sur internet. 2002 - Initiation du Plan de Gestion des Etiages (PGE) de la Charente. Le PGE a pour objectif d’organiser le partage concerté et équitable de la ressource en eau quatre années sur cinq pour en améliorer la gestion. La gestion de la crise qui se produit la cinquième année « sèche » reste du ressort de la Police de l’eau. 2004 – Approbation du Protocole du PGE Charente. Le Plan de Gestion des Etiages (PGE)
Le PGE a permis de faire un constat partagé de la situation sur le bassin versant de la Charente : en période d'étiage, les besoins potentiels des différents usages économiques consommateurs d'eau correspondent, les années sèches, au double des ressources naturelles disponibles sur le bassin : 120 M de m3 pour une offre de 60 M de m3 d'eau circulant entre juin et octobre.
La définition même de la part disponible pour les usages et de la part à réserver aux milieux est l’un des principaux acquis du PGE. Cette démarche de gestion raisonnée et équitable de la ressource en eau, animée par l'EPTB Charente, a abouti à la rédaction d'un protocole qui organise, sur une dizaine d'années, un certain nombre de moyens et d'actions pour retrouver un état d'équilibre entre les besoins exprimés, les ressources disponibles sur le bassin et la préservation du patrimoine naturel du territoire. Dans le protocole, dont la mise en oeuvre a commencée en 2005, différentes incitations sont associées : mesures d'économies, tarification de l'eau, réduction progressive des autorisations de prélèvement d'eau sur l'ensemble du bassin, cette dernière mesure n’étant pas encore suffisamment coordonnée. Des réunions d’information, une sensibilisation des usagers, ont été et sont encore menées. On estime toutefois que l'intervention sur la seule demande ne suffira pas à retrouver un équilibre, notamment eu égard à la nécessité de maintenir une agriculture apte à répondre aux besoins alimentaires actuels et futurs et aux changements climatiques annoncés. Ainsi concernant l'offre, la nécessité de création de nouvelles ressources a été également pointée par le PGE sous la forme notamment de retenues de substitution mais cette offre a du mal à se structurer faute de financements adéquats et de porteurs de projets suffisamment organisés ou reconnus.
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