Une directive européenne qui organise la gestion de l'eau
La Directive
2000/60/CE (DCE) adoptée par le Parlement et par le Conseil européen le 23 octobre
2000, publiée en décembre 2000, établit un
cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau. Ce texte a
pour vocation d’harmoniser toutes les directives ou décisions prises depuis
1975 par la communauté européenne dans le domaine de l’eau (plus de 30 directives ou décisions).
Cette directive va progressivement modifier les politiques de
l’eau des Etats membres de l’Union européenne au
cours des 15 prochaines années.
Sa transposition en droit français a été réalisée le 6
avril 2004.
Cette page ce veut être l'un des moyens d'accès à ces informations.
Cette Directive
concerne l’ensemble des milieux aquatiques, superficiels et
souterrains
continentaux (cours d’eau,
lacs, eaux côtières et estuaire et eaux souterraines) jusqu'à une distance d’un mille des
côtes.
Elle a pour objectif de
protéger les eaux continentales et littorales, de
prévenir leur dégradation voire
d’améliorer leur qualité.
La directive définit pour cela « un bon état
écologique », bon état à la
fois au niveau chimique, biologique, hydrologique et physique qui devra être atteint en octobre 2015
pour l’ensemble des milieux.
La définition de ce "bon
état" n’est cependant pas encore complètement précisé aujourd'hui...
Un nouveau cadre réglementaire pour la gestion de l'eau
La DCE
est un instrument réglementaire, structurant sur le long terme (horizon 2015), aux implications
variées en matière de gestion de la qualité des ressources en eau et des
écosystèmes aquatiques sur l'ensemble de l'Europe. Elle oblige les
pays d’Europe à mettre en place une gestion de l'eau
intégrée par bassin versant qui devra concilier à
terme l’ensemble des processus naturels et des activités
humaines qui influencent le cycle de l’eau sur chacun de ces
territoires.
La notion de bassin hydrographique est un élément
clé de la DCE. Il structure en effet tous les
éléments du texte. La DCE
reconnaît que l’eau dépasse les
frontières administratives et politiques classiques et qu'il
faut donc la traiter à la bonne échelle.
Le territoire du bassin versant d'un cours d'eau devient donc l'unité
pertinente de planification des actions et de gestion des ressources en
eau.
Cette directive est la plus complète mais probablement aussi la
plus complexe des directives européennes dans le domaine de la protection de
l'environnement.
La
gestion de l'eau par bassin versant, développée en France
depuis près de 40 ans, est ainsi consacrée au niveau
européen à travers ce texte.
Cette directive introduit
cependant de nouvelles notions (masses d'eau, milieux fortement
modifiés,…) et de nouvelles méthodes (information
et consultation du public, analyse économique
obligatoire, obligation de résultats…) qui vont faire évoluer l'approche
française de la gestion de l'eau !
Un objectif ambitieux
Cette directive demande aux Etats membres de l'Union d'atteindre d'ici 2015
les quatre objectifs environnementaux suivants pour les cours d'eau, les lacs,
les eaux côtières, les eaux des estuaires, les eaux souterraines :
- de ne pas dégrader les milieux,
- d'atteindre un "bon état" d'ici 2015,
- de limiter ou de supprimer le
rejets de différentes substances toxiques (une liste de 33 substances a été définie comme par
exemple : le cadmium, le mercure, l'atrazine...)
- de respecter les objectifs
définis dans les zones protégées par des directives existantes.
Concernant la déclinaison de ces objectifs pour le district Adour Garonne, l'Agence de l'eau les a
détaillé de la manière suivante :
- Gérer de façon durable les ressources en eau.
- Prévenir toute dégradation des écosystèmes aquatiques.
- Assurer un approvisionnement suffisant en eau potable de bonne
qualité.
- Réduire la pollution des eaux souterraines.
- Réduire les rejets de substances dangereuses et supprimer
les rejets des substances dangereuses prioritaires.
- Contribuer à atténuer les effets des sécheresses et des inondations.
L'enjeu
est de taille ! Sous certaines conditions cependant des
reports de délais pourront être accordés pour permettre d'atteindre ces objectifs ou des objectifs
moins ambitieux.
Des moyens pour atteindre les objectifs définis
Pour
atteindre les objectifs fixés par la DCE une série
d'outils notamment est mise à la disposition des états membres de
l'Union européenne :
- Une gestion par bassin versant
- Une programmation et une planification par district
- Une participation renforcée des citoyens
- Une analyse économique présente à toutes les étapes
Ces points sont développés dans la partie "Pour en savoir plus" ci-contre.
Dans
chaque district est
désignée une autorité compétente qui pilote
la mise en place de ces différents outils. La France
a reconduit le dispositif mis en place par les lois de 1964 et 1992
dont la pierre angulaire est le Préfet coordonnateur de bassin. Il devrait logiquement
d'ailleurs, à terme, se transformer en Préfet coordonateur
de district..
Sur le district Adour Garonne, il
s'agit du préfet de la région Midi Pyrénées.
Des limites de l'exercice aux pistes à explorer pour une amélioration de la DCE ?
Quelques
limites sont liées à l'ampleur de la tache
embrasssée. En effet, on notera par exemple la dimension
quantitative de la ressource en eau quasiment inexistante dans le texte
européen mais heureusement traité dans le SDAGE actuel et
le futur plan de gestion Adour Garonne. Autre exemple,
l'intégration et l'harmonisation de la DCE sont probablement
encore insuffisante au regard des autres politiques européennes.
Ces aspects ne sont qu'esquissés ci-dessous.
Dimension quantitative de la ressource en eau.
Les dimensions qualitatives et quantitatives sont étroitement liées
dans le cadre de la gestion de la ressource en eau notamment sur le
district Adour Garonne. En effet, on notera que la dimension
quantitative de la ressource en eau est quasiment inexistante dans le
texte
européen mais que heureusement ce volet est traité dans le SDAGE
actuel. Ce n'est que grace à cette situation que
le futur plan de gestion Adour Garonne prendra en compte cette
dimension quantitative essentielle. S'il n'y a pas d'eau dans les
rivières, on ne peut .pas traiter le volet qualitatif...
Harmonisation des politiques européennes. Même
si la DCE permet d'harmoniser toute la politique de l'eau communautaire
développée depuis 1975 (plus de 30 directives ou
décisions), un travail considérable est
nécessaire. Elle reste cependant une politique sectorielle à l'échelle européenne.
En effet, elle intègre bien un volet économique mais il n'y
a cependant pas d'obligation d'internalisation
des coûts par exemple. Il n'y a pas non plus de prise en compte, d'intégration ou de coordination avec les
autres
politiques européennes.
Pour
le bassin fluvial de la Charente
qui est un territoire rural, l'intégration, ou plus simplement
la coordination des moyens, entre la Politique agricole commune (PAC)
par exemple et la DCE reste encore, semble t-il, à imaginer et
à organiser. Cette coordination de moyens et d'objectifs
serait de nature cependant à permettre à terme la mise en
place de leviers puissants pour faire évoluer, dans le bon sens,
la
situation de la ressource en eau et probablement aussi de l'agriculture
sur ce territoire.
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